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![]() ![]() The Mysterious production of eggs |
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Andrew Bird est sans nul doute la plus belle révélation de ces deux dernières années, le genre d'artiste pour lequel on se dit, à chaque écoute : « Mais bon dieu, qu'entends-je ? Est-ce possible tant de beauté ? ». Oui, tant de talent, tant de grâce contenu en un seul homme, en deux albums seulement, si peu de pistes, mais pourtant si riches. Oui tout ça a de quoi laisser rêveur. Surtout que rien, ou peu de signes laissaient apparaître une telle richesse dans les trois premiers albums (livrés avec son groupe Bowl of Fire), pourtant assez explosifs, Thrills, Oh the Grandeur et Swimming Hours, intéressants, variés aussi, mais cédant un peu trop à la frénésie et à l'agression du pauvre violon –l'instrument fétiche d'Andrew- qui n'a pourtant rien fait pour mériter ça. Des albums au final assez lassants, mais qu'il faudra réécouter avec un peu plus de recul peut-être. Par contre, écouter Weather System, le premier coup d'éclat de Bird, c'est partir pour un voyage sans retour, pour un ailleurs, un îlot de paix, de douceur, qui ne doit pas se situer très loin à vol d'oiseau (oiseau, bird, notez la finesse du jeu de mot, c'est étonnant, merde, quoi ?) des îlots ‘Pet Sounds', ‘Nick Drake' ou autres ‘Left Banke' et à une distance suffisante des eaux marécageuses ‘Elliot Smith'… Weather System témoignait déjà d'un certain génie de l'orchestration, mais aussi de la scénarisation. L'album en lui-même, quasi concept, était une sorte de réminiscence, plus douce qu'amère (au large, les marécages !), où les pistes se répètent, afin de laisser le souvenir le plus agréable à l'auditeur bercé et déjà conquis dès la First song. Mais inutile de s'appesantir une deuxième fois sur cet album, encenser maladroitement un chef d'oeuvre, c'est un peu le ternir. Et concentrons-nous un peu plus sur le sujet qui nous préoccupe : ce nouvel album, arrive-t-il à faire front à son écrasant prédécesseurs ? Eh bien on peut désormais déclamer non sans joie que, OUI, il le peut ! Certes, ici, le miracle, celui de la découverte, ici ne peut plus opérer, immunisé à jamais de l' « andrewbirderie ». Mais une écoute complète de l'album, puis une deuxième, puis un décorticage des pistes que l'on a soigneusement sélectionnées comme nos préférées, eh bien, arrivé à un tel stade, on se rend bien compte que, ce qu'Andrew a perdu en poésie, en beauté céleste et quasi divine (désolé de pontifier), il le gagne en richesse et en expérience. L'album n'est en aucun cas prétentieux, il est à peine ambitieux quoiqu'on en dise, en tout cas bien moins que Weather System. Ici Andrew se contente de travailler chacune de ses pistes afin que leur variété, leur teinte de couleur virent à l'infini. Ce n'est plus l'album, la Grande Œuvre qui compte, seul le titre, devenu totalement indépendant, importe, ainsi Fake palindrome sera teinté de nappes de cordes arabisantes, Opposite Day sera enveloppé d'une voix à la Mark Everett des Eels, Banking on a myth sera enrobé de world gipsy, presque à la Morricone. Bref, que de changements de style. Mais ce n'est pas là le seul apport de ce disque, non, non, comment dire, disons que quand j'écoute cet album, je pense au Beatles, mais pour des raisons très précises : à la fois à il me rappelle Abbey Road, pour ce talent unique (qu'il a déjà affirmé dans Weather System) à réutiliser les thèmes des précédentes piste, du précédent album même ( Skyn is my, la fin de Banking on a myth et même Table and chairs en écho à la magnifique Don't be scared). Et il me rappelle surtout l'Album Blanc des Fab Four, et ses pistes les plus sidérantes ( Hapiness is a warm gun, Cry baby , Birthday, Dear prudence…), par cette facilité à changer de ton, à faire sur une piste de moins de quatre minutes trois renversements de rythme (Banking on a myth, Nervous Tic… , Table and chairs), pour ces fins multiples et facétieuses ( Opposite day, après une montée crescendo reprend telle Cry baby de Lennon pour une conclusion apaisée), et enfin par ce juste équilibre entre de superbes ballades acoustiques et de la pure énergie rock mêlée à une orchestration à faire pâlir Phil Spector et Van Dyke Park réunis : « From star search to the Philharmonic ». Bref, un album somme, un album monstre, qui n'aura pas fini de vous hanter, mais ce d'une manière douce et sereine, ce qui est déjà en soit une paire de manche ! Mon Dieu, que nous inventera-t-il pour le prochain, serons-nous de taille à écouter ? A ne pas manquer:
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