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Bruce Springsteen
Born to run
Bruce Springst

48.Born to run

Bruce Springsteen
rock
Sony BMG   (Album Remastérisé (+ DVD de concert) )

Etats-Unis  09/1975

le Boss, un type sincère et vraiment pas bête du tout (moins que l'image qu'il peut refléter dans ses concerts en tout cas)
  
 


 



1. The Beatles..
2. The Velvet Undergrou..
3.  Godspeed you Black ..
4. The Magnetic Fields..
5.  Pulp..
6. The Clash..
7. The Beach Boys..
8.  Lou Reed..
9.  Andrew Bird..
10. The Stone Roses..
11.  Sufjan Stevens..
12. The Kinks..
13.  David Bowie..
14.  Nick Drake..
15. The Nice..
16.  Bjork..
17. The Left Banke..
18.  Bob Dylan..
19.  Radiohead..
20.  Silverchair..
21.  Sagittarius..
22.  Patti Smith..
23.  Blur..
24.  Serge Gainsbourg..
25.  X..
26. The Smiths..
27. The Zombies..
28.  Bran Van 3000..
29.  Brian Eno..
30.  Jonathan Richman..
31. The Mamas & Papas..
32. The Doors..
33.  Sonic Youth..
34. The Arcade Fire..
35. The Apartments..
36.  Pink Floyd..
37.  Neil Young..
38.  Depeche Mode..
39.  Tindersticks..
40. The Stooges..
41.  Jorane..
42. The Sonics..
43. The Pixies..
44. The Chemical Brother..
45.  Air..
46.  Van Morrison..
47.  Daft Punk..


49.  Television..
49.  Van der Graaf Gener..
50.  Ratatat..
51.  MGMT..
52. The Moody Blues..
53. The Sparks..
54. A Silver Mount Zion..
55.  Love..
56.  Soulwax..
57.  Chris Isaak..
58.  Belle & Sebastian..
59.  Death in Vegas..
60.  Scott Walker..
61.  Elvis Costello..
62. the Beastie Boys..
63.  Tori Amos..

        On se fait souvent une fausse image de Bruce Springsteen, la plus grande icône rock américaine encore en activité. L’image d’un homme qui crystallise tous les mauvais côtés de l’Amérique, son tube planétaire Born in USA aura envenimé à merveille cette légende. Criant le refrain éponyme à tue-tête, bodibuilé (alors qu’il était une vraie crevette à lépoque de Born to run), bandana fluo, et mouvement de danse arythmique (même quand il danse avec la toute fraîche Courtney Cox sur le clip Dancing in the Dark), et surtout son statut d’artiste préféré de Reagan, dernier critère qui pourrait à lui seul jeter un discrédit sur l’artiste. Mais bon, on n’a qu’à oublier deux secondes ces, hum… fautes de goût, et plus se replonger à la période pré-bodybuilding  (la carrière du Boss est jalonnée de périodes assez distincts, il y aura par la suite des phases plus accoustiques, un retour au rock pour la tournée the Rising , suite aux attentats du 11 septembre, puis un retour annoncé à une épure dans le style Nébraska).
   Donc avant, l’album Born in USA, album de la consécration, Bruce aura connu une carrières des plus intègres. Sans céder à la facilité d’appartenir à un des mouvements de l’époque (prog, hard, rock fm, punk dune certaine manière…), Bruce aura tour à tour créé dans Born to run une sorte de condensé entre rock à la Van Morisson et rock traditionnel à la Roy Orbison, avec parfois des touches à la motown ou à la Stax, où les trompettes et le piano partagent la vedette avec guitares et percussion, il aura surtout créé une sorte anthologie littéraire de l’Amérique des perdants, allant vers l’épure dépressive dans The River puis Nebraska (quoique Nebraska laisse filtrer surtout l’admiration que Springsteen voue aux rois du climat claustrophobique : les Suicide d’Alan Vega, voisins de studio d’enregistrements).

    A l’époque, Bruce n’était pas le bon rockeur bien sage en marcel chantant sagement au milieu d’un stade rempli à ras-bord, et qui va te parler des injustices dans le monde. Non, à l’époque, le boss ressemblait à un gringalet au look de clochard, à la barbe mal rasé ; pour un peu il nous ferait presque penser à un Che ou Al Pacino tendance Carlito des bas fonds new yorkais (ou plutôt de New Jesay sa ville natale), c’est dire. Bruce chantait alors à merveille ce qui l’a toujours affectionné : le chant des miséreux, des loosers des villes, qui le temps d’une chanson, rêve de fuite, souvent avec leur compagne, Mary ou Wendy, vers un ailleurs, sur une route de tonerre.  

   Cette sincérité, qui se retrouvera encore et encore dans ses albums (et ce malgré même une musique mal produite et pleine d'arrangements suspects, qui eclipse trop souvent les textes superbes, Born in the USA compte par exemple parmis les plus beaux textes de chansons pop amréicaines : de Born in The USA sur les rescapés du Vietnam – à écouter la reprise des Ballboy, triste à souhait- à Dancing in the Dark & I’m on fire qui brûlent tous les deux du même désir que celui qui embrase Thunder Road), ce besoin d’air rendent véritablement touchant cet album et son intreprète. Thunder Road et Born to run sont ainsi les deux morceaux de bravoure de ce style, et peut-être les plus belles paroles qu’ont puissent écrire : la musique devient l’espace d’un rêve, elle devient un instant magique où tout est possible, même pour les démunis, même pour les plus malheureux. Le reste de l’album n’est certes pas toujours de ce haut niveau, la musique faisant par moment penser à de la musique de bal avec ces cuivres et son piano redondant, mais bon, les Smiths avec Johnny Marr ne rappelleent-ils pas aussi par moment la pire musique de mariage? Donc, Jungeland, Down to the backstreet, She’s the one sont autant de morceuax, souvent à la frontière du mauvais goût, mais qui passe le cap, par cette énergie de leur chanteur, et qui en deviennent du coup, des plus familières. Et sinon, juste pour définitivement ôter toute ambiguité à la légende de Springsteen, une histoire :  en 85, Bruce Sprinsteen lors d’une de ses innombrables tournées, doit chanter en France à Saint-Etienne. La région, déjà sinistrée suite à la fermeture progressive  dans les années 70 des usines de sidérurgie et des mines,  traverse alors une grande crise : la première usine stéphanoise, Manufrance se voit liquidé, après de vaines tentaives de reprises. C’est donc dans une région dévastée par le chômage où Springsteen doit jouer ce soir-là, et il le sait. Springsteen décide donc de renontrer l’équipe du maire de Saint-Etienne. Après un entretien d’une demi-heure, il déclarera être «  extrèmement touché par la détresse des gens privés d’emploi » avant de remettre un chèque de 25000 euros ! L’association qui servira à répartir l’argent aux plus atteints par la crise, portera ainsi le nom « Merci Bruce ». Mais ce fait n’est pas unqiue pour l’artiste : un même montant sera remis au secours catholique à Montpellier, mais aussi dans plein d’autres villes dans les autres pays d’Europe de sa tournée. C’est donc cette image que l’on doit garder du Boss, l’image d’une star capable d’être plus touché que n’importe français par la misère frappant des régions de notre pays, celle d’un artiste au premier rang de toutes les luttes, contre la Guerre en Irak, contre la dynastie Bush, et qui revient sans cesse à l’évocation des destins tragiques et de la misère idividuelle. Son avant-dernier album, Dust & Demons, retour au style de Nebraska, nous confirme d’ailleurs son talent, cette intégrité constante, et cette écriture majeure aussi, qui le rendent indissociable de l’Amérique, comme le serait un Steinbeck, un Dylan ou un Cassavettes, des exemples qui ne sont certainement pas pris au harsard !

A ne pas manquer:
    Thunder road
    Born to run
    Jungeland
    She's the one

Si vous avez aimé, vous avez aussi:
     Van Morrison
     Elvis Costello
    Roy Orbinson
    REM