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Pulp
This is Hardcore
Pulp

5.This is Hardcore

Pulp
Brit-Pop
Island   (CD Original )

Angleterre  03/1998

du glam poisseux, du porno chic: toute la décadence & glaciation des médias était déjà annoncée...
  
 


 



1. The Beatles..
2. The Velvet Undergrou..
3.  Godspeed you Black ..
4. The Magnetic Fields..


6. The Clash..
7. The Beach Boys..
8.  Lou Reed..
9.  Andrew Bird..
10. The Stone Roses..
11.  Sufjan Stevens..
12. The Kinks..
13.  David Bowie..
14.  Nick Drake..
15. The Nice..
16.  Bjork..
17. The Left Banke..
18.  Bob Dylan..
19.  Radiohead..
20.  Silverchair..
21.  Sagittarius..
22.  Patti Smith..
23.  Blur..
24.  Serge Gainsbourg..
25.  X..
26. The Smiths..
27. The Zombies..
28.  Bran Van 3000..
29.  Brian Eno..
30.  Jonathan Richman..
31. The Mamas & Papas..
32. The Doors..
33.  Sonic Youth..
34. The Arcade Fire..
35. The Apartments..
36.  Pink Floyd..
37.  Neil Young..
38.  Depeche Mode..
39.  Tindersticks..
40. The Stooges..
41.  Jorane..
42. The Sonics..
43. The Pixies..
44. The Chemical Brother..
45.  Air..
46.  Van Morrison..
47.  Daft Punk..
48.  Bruce Springsteen..
49.  Television..
49.  Van der Graaf Gener..
50.  Ratatat..
51.  MGMT..
52. The Moody Blues..
53. The Sparks..
54. A Silver Mount Zion..
55.  Love..
56.  Soulwax..
57.  Chris Isaak..
58.  Belle & Sebastian..
59.  Death in Vegas..
60.  Scott Walker..
61.  Elvis Costello..
62. the Beastie Boys..
63.  Tori Amos..

   J’aime Pulp depuis quelques années maintenant et c’est véritablement un lien affectif qui s’est créé depuis la première  écoute de Different Class (ah, que n’aurais-je donné pour les avoir découvert durant la période de grâce du tube Common People !). J’ai d’ailleurs découvert leurs œuvres de leur première période - celles des crève-la-faim - sur le tard, et il est à préciser que cette première période ‘pré-common people’ , pop & new wave, est au moins aussi passionnante que la deuxième, disco : on y décèle deux excellents albums, ‘It’ et surtout ‘Freaks’ , qui mériteraient autant que ‘This is Hardcore’ leur place dans ce classement. En fait, à l’instar des plus grands groupes, tels les Beatles, le Velvet, Kinks ou autre GYBE !, on pourrait dire que toute la discographie de Pulp –hormis ‘Separation’, l’album obligé de la transition synthétique - mérite de se trouver dans ce classement, mais bon, voilà, la règle : un album par artiste !. (je ne peux d'ailleurs que conseiller un site qui m'aura apporté de nombreux renseignements, l'excellente page d'Ed Wood consacrée à Pulp, la page d'un amoureux du groupe, très complète & riche en détails. L'introduction idéale pour pénétrer dans l'univers si particulier de cette formation d'exception).

    Bien, sûr, comme tout le monde, j’aime avant tout Pulp pour Jarvis Cocker : pour sa voix, son jeu scénique très insolite (une sorte d’endive gesticulante, mais ultra sexuel l’endive, faisant écouler des littres d’effluves de fans en furie…) , puis sa qualité d’écriture. Peu s’y sont trompés : on n’a rarement constaté meilleure écriture depuis Ray Davies, ou bien Morrissey, son contemporain (étrange qu’il ne soit pas amis…). D’ailleurs, à noter que les Smiths et Pulp ont pour moi la même qualité : celle d’avoir hissé l’homme moyen hors de sa misère sociale, sentimentale ou affective. Bien sûr le propos est clairement différent entre les deux formations tout aussi respectables, et écouter de manière assidue leurs albums respectifs permet de constater à quel point on peut, par des style et un sens poétique différents, arriver aux mêmes objectifs…

  Pulp est au delà de toutes ces qualités un groupe très important pour moi, un groupe qui me permet, à travers ses chansons et ses albums de me voir grandir, de me voir évoluer. Leur musique parle d’amours contrariés qui paraissent banals et sans intérêt au départ, mais qui au final cache 1000 sous-entendus (souvent sexuels). D’où l’intérêt à souvent se replonger sur cette Oeuvre, afin d’en épuiser la richesse.

  Pour la petite histoire, Pulp à l’époque de ‘This is Hardcore’ n’a plus rien prouver : ‘His’n Hers’ puis surtout ‘Different Class’ ont tous les deux définitivement ancré le groupe dans la vague Brit-Pop, et Pulp peut enfin jouir d’un succès que Cocker recherchait depuis le début des années 80 (et qu’il méritait dès le premier album, rappelons-le). Arrivés à ce stade, Jarvis et ses amis aurait donc pu juste se contenter de réutiliser une troisième fois la recette qui a fait ses preuves, à savoir, une vague musique brit-pop sur des sons disco et synthétique, des sonorités glams et bon enfants  servant des histoires mordantes, sentimentales et quelque peu désabusées… Mais voilà, le moral et la santé (dépendance à la cocaïne) ne sont plus de la partie pour tout le monde, trop d’années à attendre le succès. C’est le début de l’angoisse…

  Rarement une intro aura été aussi prophétique, aussi autobiographique que the Fear, qui annonce d’emblée les lendemains de soirée, la putréfaction, l’angoisse qui refait surface : « A horror soundtrack from a stagnant water-bed » ou encore ce terrible et comique  « You gonna like this, but not a lot ». Ironiquement, Pulp fait ainsi dès le premier couplet de la première piste de son disque le suicide de son album, puis donc de son groupe. On n’est plus ici pour jouer avec arrivisme avec la brit pop et la disco, on est ici pour se mettre à nu, foutre en l’air ce qu’on a mis des années à créer, puis faire son propre auto-critique (qui continuera d’ailleurs plus implicitement dans le dernier album ‘We love life’). ‘This is Hardcore’ est pour toutes ces raisons, toute cette aura légendaire, un album-clé qui fera date dans l’histoire de la pop anglaise. Mais c’est aussi au-delà de tout ce contexte un immense album.

  Après une intro vraiment glaçante, s’ensuit le délicat Dishes (enfin, délicat…), qui avec son « I’m not Jesus but I’ve the same initial » continue à explorer les frustrations de notre Jarvis préféré. Suivi de la bien nommée Party Hard, qu’on jurerait chanter par Bowie (le final est comme sur tous les morceaux de l’album grandiose, tout en cynisme et dérision ). Suivront Help the aged qui joue la cart de l’angoisse de la vieillesse (mais avec quel brio dans l’écriture !), puis enfin This is Hardcore, musique glam, froide, poisseuse, mais au combien sensuelle et énivrante. Un véritable chant nuptial, ultra-cinématogrpahique (le propos de la chanson d’ailleurs), dont l’orchestration reste inégalable pour une chanson pop - ou alors, trouvez moi un exemple ! La première face se concluant par l’hivernal TV Movie, réponse passé en négatif du Something changed de Different Class.
L’album est d’ailleurs clairement en deux parties.
Après le glam poisseux et désenchanté, place à des lueurs d’espoir. En deuxième face : on a droit au single A little Soul, sorte de Father and Son très émouvante (peut-être le morceaux  le plus accessible de l’album avec Help the Aged), un I’m a man qui singe et se moque de la brit pop, avec son refrain en clin d’œil au Charmless Man de Blur, un Seductive Barry , hmm, pas facile d’accès dirons-nous, très soul, très planant (d’ailleurs qui est ce Barry : le John Barry  des BO de James Bond, ou bien Barry White ?), qui fait un peu office de suite officieuse à This is Harcdcore, puis le merveilleux Sylvia (avec ces paroles plein de regrets pour l’ancienne, mais plein d’espoir pour cette nouvelle Sylvia), et enfin Glory Days et Days after the Revolution qui terminent le disque sur des notes d’espoirs prophétiques et gonflés d’orgueil…
Bref, un disque parfait, quasi ‘concept’ tant la progression y semble logique. Un disque qu’on aime pour ces défauts, son orgueil et son humanité. Un suicide commercial, certes, mais un acte de foi qui aura scellé et rendu immortelle l’histoire de Pulp aux yeux de nombreux fans. Rien que pour ça, merci Jarvis !


PS : d’ailleurs, c’est un remerciement que j’ai eu le privilège de lui faire en personne, lors de Rock Seine 2007 :  si si, après sa prestation très sympathique -durant laquelle on a pu apprécier un hommage à Lee Hazlewood- Jarvis n’avait rien trouve de mieux que de traverser tout le champ de sa scène de Saint-Cloud pour se diriger vers la buvette sans doute. Alors, sans réfléchir, je cours lui parler, lui serrer la main, le remercier pour tout, pour ‘This is Hardcore’ et puis pour ‘It’ et My lighthouse en tête. Il me remercie, je rajoute alors que je m’étonne qu’ils n’ont pas n’essayer pas de ressortir les premiers albums de pulp chez tous les disquaires. Puis là, en le voyant me répondre par « merci, merci, merci », je me mets à comprendre qu’il n’y avait  peut-être pas une vraie discussion en place… bah tant pis, je maintiens que c’était une superbe idée… mais bon, il n’en reste pas moins que j’ai parlé à Jarvis Cocker, quand même, merde, quoi !!!  

A ne pas manquer:
    This is Hardcore
    Sylvia
    A little Soul
    Dishes

Si vous avez aimé, vous avez aussi:
    The Kinks
     Serge Gainsbourg
    The Zombies
    Franz Ferdinand
    Scott Walker
    Lee Hazlewood